La pauvreté en France

Publié le par savoirsetcitoyennete

 

 

La pauvreté en France concerne toutes les personnes qui ne disposent pas de ressources matérielles suffisantes pour vivre décemment. Elle a fortement diminué depuis 1970.

Le taux de pauvreté de l'ensemble des ménages a baissé à la fois en mesure absolue (par rapport à un niveau de dépenses constant) et en mesure relative (par rapport au reste de la population). Cette diminution provient surtout de la chute du taux de pauvreté chez les retraités (de 27,3 % à 3,8 %). Les nombreuses aides sociales progressivement créées (RMI en 1988, Aides au logement, …) soulagent la pauvreté chez les actifs.

Selon une étude de l'Insee, en France en 2006  , 7,1 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté relatif de 50 % et 13,2 % sous le seuil de pauvreté de 60 %. Cela était monté à 13,4 % de la population en 2007  , alors que la moitié des Français disposaient de moins de 1 500 euros par mois  . En 2008, 25 % des salariés gagnent moins de 750 euros par mois  .


Après la Seconde Guerre mondiale, le problème crucial de logement pour les sans-abris issus entre autres de destructions de villes, conduit à l'existence de bidonvilles, dont la résorption sera achevée dans la seconde moitié des années 1970. Ceux-ci réapparaîtront néanmoins dans les années 1990, la crise du logement faisant une nouvelle irruption brutale. Celle-ci poussera certaines populations à revenus modestes, ou bien travaillant dans des secteurs saisonniers, à trouver d'autres formes de logement, telles que le camping (parfois à l'année), ou encore les squatts.

 

Plusieurs associations se sont investies dans la lutte pour le droit au logement, certaines dès les années 1950 (Emmaüs, grève des foyers Sonacotra dans les années 1970-80, soutenues par le GISTI et la Cimade, Droit au logement, puis, plus récemment, les Enfants de Don Quichotte ou Jeudi Noir, etc.). on compte 8 milions de pauvres

La mesure de la pauvreté en France se fait principalement au moyen de seuils de pauvreté relative, c’est-à-dire en comparant le revenu des pauvres avec le revenu des autres membres de la société. Le seuil de pauvreté relative est défini  par l'Insee comme étant égal à 50 % du revenu médian. Un seuil de pauvreté relative à 60 % du revenu médian est également mesuré (et utilisé pour des comparaisons européennes par Eurostat).

D'autres indicateurs de pauvreté ont été créés par des collectifs politisés, dont le BIP 40, qui prend en compte six dimensions de la pauvreté : emploi et travail, revenus, santé, éducation, logement et justice. Chaque dimension est mesurée par plusieurs indicateurs (58 au total).

L'ONPES remet chaque année un rapport annuel au gouvernement.

 

En 2009, l'ONPES a relevé une augmentation de 15 % du nombre de dossiers de surendettement, ainsi qu'une part croissante des revenus des ménages les plus pauvres consacrée au logement. Autre indicateur, le secours populaire a fait part d'une augmentation de 24 % des nouveaux arrivants entre janvier et juin 2009. Selon une enquête réalisée début 2009, « la moitié des personnes interrogées ont déclaré croire à une détérioration prochaine de leurs conditions de vie personnelles, soit le niveau le plus élevé depuis 1979 ». La hausse du chômage constaté depuis 2008 a surtout touché les plus précaires : les jeunes, les travailleurs non qualifiés et temporaires. Chez les jeunes, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 5 % entre 2008 et la première moitié de 2009 .

 

Selon l’OCDE, la pauvreté est concentrée géographiquement dans certaines zones, et les personnes vivant dans ces zones n’ont pas accès aux réseaux sociaux qui pourraient faciliter leur insertion économique. Ce problème est d’autant plus complexe que la population d’origine immigrée est surreprésentée dans ces zones. « Les personnes qui réussissent et celles qui en ont la possibilité évitent d’y vivre. ». Par ailleurs, le logement est au cœur du problème ; la réglementation des loyers (dispositions qui rendent difficile la résiliation d’un bail pour non paiement du loyer en particulier) diminue l’offre de logements privés pour les locataires à bas revenu, et fait monter les prix.

La pauvreté touche 30 % des familles monoparentales. Pour ces familles, généralement une mère avec ses enfants, la proportion de pauvres est 2,3 fois plus forte que dans l'ensemble de la population.

Il apparaît que, de plus en plus, la campagne devient un réservoir de laissés-pour-compte et qu'ainsi, une frange non négligeable des populations urbaines précarisées rejoint les rangs des petits agriculteurs et des bénéficiaires "ruraux" du RMI. Ce phénomène s'explique, en partie, par la moindre cherté de la vie rurale comparé au coût de la vie en site urbain].

La part des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (949 euros mensuels) était de 28,8 % en 2008 dans les zones urbaines sensibles (ZUS) contre 12 % dans le reste du territoire.

 

Si les grands bidonvilles, tels ceux de Nanterre, ont été démolis dans les années 1970, d'autres, plus petits, sont réapparus au cours des années 1990 et 2000.

En France, entre 70 000 et 120 000 personnes habiteraient en caravane ou en mobile home à l’année. Ce sont principalement des salariés aux revenus modestes, allocataires de minima sociaux, retraités, ou ménages en attente de logement et bientôt étudiants à la recherche de logement qui utilisent ce mode de résidence, pour des raisons évidentes de coût, dans des conditions précaires et qui entretient la marginalité.

 

Selon une étude de l'Insee, « si la pauvreté monétaire, stable, touche un peu plus d’un ménage sur dix, c’est près d’un tiers d’entre eux qui expriment un net sentiment de difficulté d’existence ».

La visibilité de la pauvreté varie en fonction de l'exposition médiatique. Selon l'Insee, « la visibilité de la pauvreté était particulièrement forte en France en 1993 […]. Le débat sur la pauvreté y était intense. L’Abbé Pierre, figure charismatique de la lutte contre la pauvreté dans les années 1950, était à nouveau fortement engagé publiquement dans la réflexion collective sur les moyens de faire reculer la misère et l’exclusion du logement en particulier. Les dons en faveur des associations caritatives ont atteint des sommets au cours de cette année et de celles qui suivirent. 1993 est aussi l’année où Pierre Bourdieu et son équipe publièrent La misère du monde qui connut un succès considérable. Enfin, l’analyse approfondie des articles sur la pauvreté parus dans la presse montre une forte augmentation au cours de cette période ».

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Publié dans Economie

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