Bruxelles veut durcir les règles sur les quotas de pêche dans l'UE: éliminer la surpêche
La Commission européenne a annoncé mercredi 25 mai son intention d'appliquer à l'avenir un "principe de précaution" pour fixer les quotas de pêche dans l'UE, en les réduisant automatiquement lorsque des données scientifiques suffisamment claires feront défaut sur les espèces.
"Lorsque nous n'aurons pas de données et de recommandations scientifiques claires sur l'état d'un stock, nous appliquerons le principe de précaution, ce qui veut dire une baisse de quota", a déclaré à la presse Maria Damanaki, commissaire européenne aux affaires martimes et à la pêche.
Cette nouvelle politique doit commencer à être appliquée à partir de l'année prochaine. "On ne dispose pas encore de suffisamment de données scientifiques pour la majorité des stocks, principalement en raison des déclarations inadéquates des Etats membres" de l'UE, a déploré la commissaire. "La Commission aura dès lors recours à une nouvelle méthode pour établir les limites de capture, notamment en abaissant les niveaux dans les cas où les données sont insuffisantes", a-t-elle ajouté.
Lorsqu'un avis scientifique clair sera fourni à Bruxelles par le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), donnant le niveau minimum de poissons à conserver pour permettre à une espèce donnée de se reproduire dans de bonnes conditions - le "rendement maximal durable" -, la Commission entendra le suivre de près. Ce qui devrait limiter par la suite les possibilités de négociations des ministres européens de la pêche. "Cette méthode devrait progressivement éliminer la surpêche et améliorer la collecte des données", a jugé l'exécutif européen.
L'application du principe de précaution dès l'an prochain risque de se traduire par des baisses de quotas nombreuses pour les pêcheurs car, dans la majorité des cas, les avis scientifiques sont inexistants. En cause : des informations lacunaires sur le niveau réel des captures et des échantillonnages en mer jugés médiocres.
"C'est aux États membres qu'il incombe de fournir des données scientifiques" sur le niveau de pêche chez eux "et force est de constater que certains d'e